CENTRE
HOSPITALIER DE BHANNES
ORIGINE DU NOM > BHANNES
Dahr-El-Sawan:une partie de la terre qui ne meurt jamais, gravée
d'une histoire de gloire et d'humanité. Ce village était
connu par "BHANNES", un mot syriaque "BET HANUSA".
Certains considéraient que le mot Bhannes fut donné
à une ancienne église du village, l'église
de ST.Jean, YUHANNA, qui avec le cours du temps et répété
par les villageois, devînt HANNES. Quant à la lettre
"B", elle était évidement utilisée
pour mettre en relief le lieu de résidence. "d'où
es-tu? Je suis de B-hannès".
Et d'autres croient que Bhannès est un mot syriaque à
cent pour cent, vu que la plupart des noms des villes et des
villages proviennent de la langue syriaque.
Donc Dahr-El-Sawan est un village historique dont l'altitude
est de 1000 m, à une distance de 20 km de Beyrouth. Il
appartient à la région du Metn, depuis l'an 1783.
HISTORIQUE
Au début du siècle, l'état sanitaire
des peuples qui constituèrent l'Empire Ottoman laissa
beaucoup à désirer. Les épidémies
de choléra sévissaient encore beaucoup; quant
aux nombreux lépreux et tuberculeux, ils furent en
général rejetés dans les terrains vagues,
tels des parias, dans l'attente que le destin les prit en
charge. A cette époque là, la Sublime Porte
cachait derrière elle une énorme misère.
1908 - La montagne de Bhannès, située à
une vingtaine de kilomètres au nord-est de Beyrouth,
à 1000m d'altitude, servit, à l'époque,
de "décharge publique" pour les personnes
atteintes de tuberculose. La Providence fit le reste. Elle
veilla tant et si bien qu'Elle se manifesta, comme toujours,
par Amour, autrement dit par Charité.
Cécile de Veyviale était une fille de la Charité.
Elle passa dans cette montagne et fut prise de commisération
pour ses frères "les hommes" atteints de
cette terrible maladie. Le lendemain, la religieuse créa
un dispensaire, le surlendemain, un Hôtel-Dieu de quarante
lits et en 1912, elle entama la construction d'un pavillon
de 150 lits qui porte aujourd'hui son nom. L'Empire Ottoman
avant de s'effondrer dans la région en 1918 le saccagea
et le détruisit.
La religieuse mourut durant la guerre, mais la Charité
fleurit. Nombreuses de ses Filles compatirent aux souffrances
de ces pauvres et firent de ce lieu le plus grand sanatorium
du Moyen-Orient: Plus de mille lits répartis en cinq
grands pavillons. Les malades affluèrent de la Syrie,
de l'Irak, de l'Arabie Séoudite, du Koweit, et des
pays du Golfe. La Charité, avec l'aide de la découverte
des antibiotiques, éradiqua pour ainsi dire ce fléau
au moment même ou se profilaient à l'horizon,
1960-1970, les premiers signes d'une déstabilisation
régionale, dont le Liban, en grande partie, paiera
les frais de son sang et de ses ruines.
1975-1990, Pendant seize ans, les forces du mal se déchainèrent
sur ce petit pays pour détruire vies humaines et habitats.
La mort et l'exode furent les trophées des armes. Mais
la Providence était à nouveau là. En
1976, la Communauté religieuse de Bhannès décida
de reconvertir l'immense complexe du sanatorium en un Centre
Hospitalier, tout en ayant garder sa spécificité
pulmonaire. Des milliers de blessés y furent soignés.
Beaucoup de vies humaines furent sauvées.
En 1982, au coeur de cette période tragique, l'enfance
handicapée physique, celle qui rampe à ras-le-sol
suite aux paralysies d'origine polio ou autres, l'enfance
recluse loin du soleil, loin du regard parce que trop difforme
dans sa colonne ou dans ses membres, cette enfance là,
trouva son espérance en la personne d'un prêtre,
disciple de St. Vincent, qui confia aux Filles de la Charité
la charge de mettre debout les grabataires et de redresser
les bossus et les tordus.
Ce fut ainsi en plein triomphe de la destruction humaine et
de la démolition que jaillit à Bhannès
le Centre d'Orthopédie Infantile et de scoliose où
des centaines d'enfants paralytiques, scoliotiques et cyphotiques,
condamnés à l'asphyxie physique et morale, ont
retrouvé leur dignité d'êtres humains.
1987 - La vocation hospitalière de Bhannès se
limiterait-elle à cela? Non! Cela serait limité
la Charité, qui par essence est infinie. Vous avez
entendu parler de l'Infirmité Motrice Cérébrale?
De ces enfants qui naissent avec de multiples troubles moteurs
qu'ils soient de locomotion, d'élocution, de déglutition,
d'expression vocale ou autre. Ces enfants sont de plus en
plus nombreux en notre fin du XXe siècle, car, vue
les progrès de la réanimation néonatale,
ils survivent et nous sont laissés comme en "dépôt"
tel que dirait une grande amie de Bhannès. Oui, c'est
pour nous une nouvelle mission confiée par la Providence.
Cet enfant IMC, muni d'un esprit sain dans un corps qui ne
répond pas à la commande ou qui y répond
mal, cet enfant tout différent du "beau monde",
mais dont l'intelligence projète dans son regard des
limites de l'homme et sa finalité spirituelle, cet
enfant a trouvé à Bhannès un Centre idéal
pour développer toutes ses possibilités d'insertion
dans la société.
En 1990, le pavillon Sainte Louise devient un centre thérapeutique
pour enfants Infirmes Moteurs Cérébraux. Il
s'agit du Centre Robert de Lobkowicz, grâce au cofinancement
de l'Ordre Souverain de Malte et du gouvernement belge.
Le 1er avril 1993, est posée la première pierre
du Centre
de Pneumologie Saint Florian. Le Centre Hospitalier reste
fidèle à sa vocation première, à
savoir les soins aux tuberculeux et aux déficients
respiratoires de toute origine. C'est grâce à
la compassion des amis Autrichiens, Caritas SALZBOURG que
ce projet peut se réaliser. Il faudra attendre fin
94 pour emménager dans le nouveau bâtiment. Le
centre aura une capacité de 70 lits,
Le 11 juin 1993 a été inauguré le Centre
d'Orthèse mitoyen au pavillon Sainte Louise et au pavillon
Saint Vincent. Ce centre réalise les corsets, les attelles,
les appareils de marche pour les enfants scoliotiques et tout
autre enfant handicapé. Le centre est fonctionnel depuis
Août 1992.
1995-1996
- Le présent et le futur au Centre Hospitalier de Bhannès.
Les malades sont soignés, l'handicapé physique
est traité, l'enfant IMC
est éduqué dans un cadre thérapeutique
et l'Atelier d'Orthèse ouvert depuis 1993, appareille
et corsette les patients. Mais il manque une nécessité
pour parfaire le circuit médical : le Centre de Rééducation.
Ce Centre de Rééducation médicale et
de Réhabilitation Fonctionnelle comportera une capacité
de 80 lits et une plate-forme technique de 1.900m2. Toutes
les possiblités actuelles de rééducation
seront à la disposition du patient spécialement
l'hydrothérapie. Cette dernière technique, vieille
comme le monde, est capitale pour la remise debout d'un patient
opéré de ses membres ou de la colonne, d'un
patient qui n'a jamais marché. Sont bénéficiaires
de la piscine de rééducation en eau statique
tous les enfants IMC, et tous les enfants scoliotiques opérés.
Quant à la piscine en eau dynamique elle est impérative
aux personnes privées partiellement ou totalement de
leur motricité, et qui ont besoin d'une réhabilitation
fonctionnelle progressive autant physique (pour
rebâtir leurs masses musculaires) que psychologique
(pour rétablir leur confiance en l'autonomie souhaitée).
6.200m2
sont répartis en quatres étages avec une annexe
de 400m2 spécifiques à l'hydrothérapie
qui sera composée d'une piscine de 10x10m en eau statique
et une autre de 8x3m en eau dynamique asservie et à
hauteur variable, avec des lèves-malades, un couloir
de marche immérsible à hauteur variable et un
arsenal d'accessoires indispensables à cette thérapie.
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